La nativité de Marie, le 8 septembre 2020

La vierge Marie a beau être la mère de Jésus, cette date n’est pas un jour férié ! Les catholiques attachent plus d’importance à la fête du 8 décembre : l’Immaculée Conception, par exemple, qu’à celle-ci. Cependant, Marie est dans leur cœur en tant que mère et nouvelle Eve qui a obéi à la volonté de Dieu sans l’enfreindre. La Vierge Marie, de son vivant, au 1er siècle de notre ère, est une femme juive appartenant à une société aux mœurs patriarcales bien ancrées. Discrète dans les évangiles, elle deviendra par la suite une icône et une source spirituelle chez les chrétiens. Ces derniers, l’exaltent à travers de célébrations mariales au point d’être interprétées de mariolâtrie, vénération égale à celle vouée à Dieu. Les croyants ne l’aiment-ils pas aussi pour ce qu’elle représente ? Proclamée « Patronne de France » par le pape Pie XI, en 1922, Marie est aussi Notre Dame, Mère du Christ, Mère de Dieu, jamais séparée de son fils, elle est la clé salvatrice pour les fidèles, celle qui les protège et veille sur l’ordre du monde.

L’origine de la nativité de Marie

Ses lieux, dates de naissance et de mort sont ignorés ainsi que son enfance alors qu’au IVe siècle, le Protévangile, livre apocryphe, de l’apôtre Jacques, et Saint Grégoire de Nysse racontent que Marie serait la fille de Anne et Joachim. Selon la tradition orientale, une première église fut érigée en dédicace à la Vierge, le 8 septembre près de la piscine Probatique à Jérusalem, au milieu du Ve siècle. En 431, le concile d’Ephèse déclare qu’elle est « Theotokos », mère de Dieu car mère de Jésus qui est à la fois homme et Dieu. Au VIe siècle est fixée la date de sa nativité à Jérusalem, le 8 septembre, même si dès le IIIe siècle, sa fête a rayonné en Orient, à Byzance notamment, preuve en est d’un hymne, d’une prière à la Vierge « Sub tuum praesidium » (sous ta protection miséricordieuse) écrite en grec. D’autres la porteront aux nues comme les saints : Justin, Irénée, Jean Chrysostome,…à travers des recueils et canons. Au Ve siècle, selon une tradition peu connue et pourtant avérée en France, la Vierge Marie est apparue au Marillais à l’évêque d’Angers, Maurille, sanctifié depuis. Marie l’invite par la grâce du Seigneur et de son fils Jésus à instituer sa date de naissance. Et depuis, en Anjou on commémore son anniversaire. Ultérieurement, à la toute fin du VIe siècle, le synaxaire de Constantinople mentionne que l’empereur Maurice instaure par décret sa nativité, le 8 septembre. A la même époque, Rome accueille les quatre grandes fêtes mariales orientales : l’Annonciation, l’Assomption, la Nativité de Marie et l’hypapante (Présentation de Jésus au Temple, fête dite de la Chandeleur). Le Pape Serge 1er, d’origine syrienne, souhaite au VIIe siècle que ces célébrations soient accompagnées de processions solennelles comme en Orient. En Occident, la dévotion mariale est plus marquée au XIe siècle particulièrement dans les monastères (Cluny, Cîteaux,..) puis chez les Ordres mendiants. Au XIIe siècle, la louange s’exprime par des prières, hymnes, pèlerinages mariaux, et progressivement, les catholiques, en chérissant et invoquant Marie, la perçoivent comme une mère protectrice, une médiatrice qui va aussi intercéder pour eux auprès de la Sainte Trinité. A la fin du Moyen-Age se développe une floraison de fêtes mariales, des fêtes bibliques aux fêtes appelées originales. Au XXe siècle, dans l’Eglise latine, le concile Vatican II souhaite que la doctrine mariale soit réinsérée dans son triple ancrage scripturaire, christologique et ecclésiologique.

Le sens de la nativité de Marie

Elle a contribué à sauver l’honneur de ses parents en venant au monde parce que ne pas avoir d’enfants était considéré comme un opprobre à son époque. A travers Marie, l’élue pure, c’est l’œuvre de Dieu qui va s’accomplir, l’Immaculée Conception est un secours aussi pour les  catholiques qui peuvent lui apporter leurs intentions de prière en toutes circonstances, notamment pour les femmes désireuses d’être mères.

En Occident, au Ve siècle, le pape Gélase 1er d’origine berbère dit dans la prière du Sacramentaire « Que nous  aide Seigneur, nous t’en prions, l’intercession glorieuse de Sainte Marie dont nous rappelons le jour de l’heureuse naissance. » Le Pape Grégoire le Grand, au VIIe siècle, fait autant son apologie par la piété liturgique mariale. Les croyants reçoivent Marie comme mère, un don que leur fait Jésus avant de mourir sur la croix et cette fête invite les fidèles à contempler la petitesse de Marie : d’enfant à son état de Grâce au service de son fils, Jésus. Aussi, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort présente la Vierge par une métaphore spirituelle comme un arbre qui va naître dans la vie du croyant planté par l’Esprit-Saint et s’élevant vers Dieu dans sa dévotion. Paul VI lui offre dans les prières eucharistiques une place de choix, propre à sa nativité, il  dit « Marie coopère à notre naissance en Dieu » et Sainte Thérèse de Lisieux fait ses premiers vœux le 8 septembre 1890, pour elle, la nativité de Marie est le jour rêvé pour devenir l’épouse de Jésus. Cette fête se pratique maintenant dans la liturgie ou lors de processions, notamment en Corse dont elle est la reine depuis 1735. C’est une providence pour les hommes qui s’en remettent à Marie, fleur d’Israël, porteuse d’amour, d’espérance et modèle de foi, car Jésus est venu au monde par elle, et souhaite que les chrétiens, en véritables fils, aillent à lui par elle, sa mère et celle de tous.

Liens :
Mt 1, 18-25 : La maternité divine
Mt1, 1-17 : Trois périodes

 

Laurent ADICEAM DIXIT