La fête des rameaux, dimanche 5 avril 2020

Le dimanche des Rameaux est  le premier jour de la semaine Sainte qui se termine avec le dimanche de Pâque. Les chrétiens fêtent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem pour la fête de Pâque juive.

La célébration religieuse est marquée par la bénédiction des buis et par la lecture du texte de la Passion de Jésus. Le buis béni est souvent utilisé, pour les chrétiens, pour orner chez eux un crucifix, ou pour être déposé sur une tombe. Un geste qui signifie leur foi dans la résurrection du Christ.

Les origines et l’histoire de la fête des rameaux

C’est probablement lors de la Pâque de l’année 30 que se situe cette dernière montée de Jésus à Jérusalem. Jésus le Galiléen arrive avec ses disciples huit jours avant cette grande fête populaire juive.

La foule l’accompagne en brandissant des palmes et en criant « Hosanna au fils de David ». Les pèlerins en liesse étendent des vêtements sur la route ainsi que des branches de palmier. Ils savent ce que Jésus a accompli. Et pourtant, cette entrée de Jésus et la ferveur qu’il suscite ne fait pas l’unanimité à Jérusalem. L’enthousiasme autour de Jésus provoque une hostilité extrême chez les responsables religieux juifs.

Déjà dans le passé, des confrontations avaient déjà eu lieu avec les responsables religieux au sujet des enseignements de Jésus, de ses miracles et de sa prétention à être le Messie. Des interrogatoires pour piéger Jésus sur la nouveauté qu’il apporte par rapport à la loi juive. Il dérange ceux qui sont garants de l’orthodoxie de la Loi. Mais ces affrontements avec les autorités avaient toujours lieu en dehors de Jérusalem.

Cette fois-ci, cela se passe dans la ville sainte et au début des jours qui précèdent Pâque. Les pèlerins sont si nombreux. Pour les autorités, les mouvements de foule peuvent dégénérer et devenir incontrôlables. L’ordre public peut-être troublé dans la ville de Jérusalem. La tension est extrême.

La ferveur de la foule pour Jésus inquiète. Il s’y ajoute aussi l’incident du Temple. Jésus chasse du sanctuaire les vendeurs d’animaux destinés aux sacrifices et les changeurs de monnaie. (Mt 21,12). Ce geste est porteur d’une critique sévère au marché du Temple et aux bureaux de change. L’ordre public, surtout en pleines fêtes pascales, est menacé. La hiérarchie sacerdotale en a conscience. Le grand prêtre Caïphe, ami des Romains, décide d’arrêter Jésus. Les évangélistes soulignent que la position de Jésus vis-à-vis du Temple associée à sa prétention messianique ont sans doute joué un rôle important dans le procès qui va conduire à sa condamnation.

Les chefs des prêtres décident donc d’en finir avec celui qui sape leur autorité. Mais comment opérer une arrestation discrète au milieu de la foule qui l’acclame alors que la ville est encombrée ?. C’est alors que Judas Iscariote, l’un des douze disciples, vient proposer de guider la police du grand prêtre jusqu’à l’oliveraie de Gethsémani où le petit groupe des Galiléens passe ordinairement la nuit. Judas tient la bourse de la communauté. Une indication pour signifier qu’il est  l’un des membre influents du groupe des douze disciples. (Jn 12,6)

Significations et sens de la fête des rameaux

Les quatre évangiles décrivent l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem sur un ânon. Ce détail est important. Avant d’entrer à Jérusalem, Jésus a envoyé deux de ses disciples afin de préparer son arrivée : Allez au village qui est devant vous : dès que vous y entrez, vous trouverez un ânon attaché que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit : « Pourquoi faites-vous cela ? Répondez : « Le Seigneur en a besoin. » (Mt 11,2-3). Le choix de la monture par Jésus est délibéré. Il exerce le droit d’un chef à réquisitionner une monture. Et c’est un âne. Ce détail est porteur d’un message. Si Jésus avait voulu entrer à Jérusalem en chevauchant un cheval ou un chameau, il aurait demandé à ses disciples d’en choisir un. Jésus voyage assis sur un âne. Aux portes de la ville, la foule qui l’acclame sait que cet homme a rendu la vie à son ami Lazare, qu’il a parcouru le pays en faisant du bien. C’est l’humilité de Jésus, roi de Jérusalem, qui est souligné par Matthieu (21,5). Il fait son entrée à Jérusalem sur la monture des pères d’Israël et non sur celle des riches et des puissants. L’ânon n’est pas un choix par défaut mais l’accomplissement d’une prophétie biblique. En effet, l’évangéliste Jean raconte comment Jésus trouve un ânon et s’assied dessus. Les disciples font le lien avec la prophétie de Zacharie (9,9) : « Ne crains pas, fille de Sion, voici ton roi qui vient, il est monté sur le petit d’une ânesse. » Les gens s’interrogent.  Si Jésus accomplit la prophétie de Zacharie, est ce qu’il ne serait  pas un envoyé de Dieu ?

Selon les évangélistes, Jésus fut lui-même l’instigateur de cet acte symbolique. La nature de l’autorité de Jésus est ainsi révélée : Jésus, Messie d’Israël, réclame le retour de Jérusalem à Dieu.

 

François LE ROUX