L’Assomption, le 15 août 2020

Contrairement à son fils, Jésus, Marie ne subira pas le calvaire de la crucifixion, il en sera autrement. Le Caravage, par exemple, dépeint ses dernières heures de manière sépulcrale dans  « La Mort de la Vierge » exposée au Louvre.

A l’heure de son trépas, précise Jean-Paul II, Marie est transportée, glorifiée « corps et âmes » auprès du Seigneur : c’est le dogme de l’Assomption, en opposition aux certaines traditions apocryphes où elle n’est pas morte parce qu’elle est préservée de la faute originelle par la grâce de son Immaculée Conception. Le 15 août est une fête chômée et solennelle avec un office liturgique consacré à la prière et à la vénération de la Vierge. Le dogme invite les croyants à vivre leur futur sous « le manteau » de Marie, sous sa protection. Elle les mène par le chemin de la foi à la promesse d’une vie éternelle, à l’instar de Jésus par la résurrection.

L’origine de l’Assomption

Assomption provient du latin « assumere » qui signifie « prendre avec soi ». Dans l’ancien testament, on parle de l’Assomption d’Elie le prophète qui préfigure aussi celle de Marie. Vers le IVe siècle, on célèbre la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge à Antioche puis en Palestine, au Ve siècle. A l’époque, à Jérusalem, l’évêque Juvénal lui dédie une église appelée Kathisma (Siège), entre Nazareth et Bethléem. Au VIe siècle dit-on, en Orient, l’empereur Maurice choisie la date du 15 août pour commémorer l’inauguration d’une église à Gethsémani vouée à Marie montée au ciel, la fête est appelée Dormition. Au début du VIIe siècle, après la destruction de Jérusalem, une homélie de Saint Modeste affirme, clairement,  l’Assomption au ciel du corps et de l’âme de Marie. D’Orient, la fête passe en Occident qui s’établit à Rome sous le pontificat de Serge 1er qui y ajoute des processions qui seront supprimées ensuite par Pie V au XVIe siècle. L’édit du 10 février 1638 par Louis XIII, roi de France, proclame le 15 août : fête de l’Assomption comme fête nationale (jusqu’en 1893)  en gratitude à la vierge pour un vœu formulé et exaucé, celui de lui avoir accordé un héritier, le futur roi Louis XIV. Le 1er novembre 1950, Pie XII annonce mondialement la foi en l’Assomption de la Vierge Marie (n°44 de la constitution apostolique « Munificentissimus Deus » définissant son dogme). Et en 1964, le n°67 de la constitution « Lumen gentium » couronne sa vision de l’Eglise par une contemplation de la mère de Jésus. Marie est plus que jamais aux yeux des fidèles une femme de foi, disciple, modèle, Mère de l’Eglise et de la paix, souligne Paul VI. A la seconde moitié du XXe siècle fleurit, entre autres, le mouvement Focolari au sein de l’Eglise catholique romaine qui  désigne la Vierge comme l’accueil parfait de l’amour Trinitaire : fille de Dieu, le père, épouse de l’Esprit Saint et Mère de Dieu, le fils.

Marie est perçue différemment dans l’Eglise Orthodoxe, Catholique et les Eglises Réformées notamment avec le dogme : « élevée en corps et en âme ».

Le sens de l’Assomption

Les chrétiens d’Orient préfèrent le terme de la Dormition à l’Assomption. Pour ces croyants, Marie s’est endormie-elle n’est pas morte- elle a été mise au tombeau, son âme est auprès du Père et son corps, incorruptible, attend la résurrection générale. Cependant, il y a des traditions associant Dormition et Assomption.

Pour les catholiques, sa maternité l’associe irrémédiablement au destin du Christ qui ressuscite d’entre les morts. Privilégiée, Marie reçoit, en avance, cette grâce de la résurrection qui comble les baptisés jusqu’au salut de leur âme pour ainsi « renaître » comme le Christ à Pâques (passage en hébreu).Tel est le dessein de Dieu dans sa Providence, c’est ce qu’affirment les prières, les homélies et les chants dans la liturgie mariale. Aussi,  les apparitions mariales présupposent que Marie est vivante au ciel, « corps et âme » ce qui, peut-être, est assimilé à l’œuvre de l’« assumpta » signifiant que Marie a été assumée par le Très-Haut pour vivre éternellement avec la Sainte Trinité et que les chrétiens, dans leur piété, lui confèrent sa place de Mère de l’humanité.

 

Laurent ADICEAM DIXIT