La messe est une réunion des chrétiens au cours de laquelle on partage la Parole de Dieu et on célèbre l’eucharistie. Pour un chrétien, c’est un temps très important : « source et sommet de la vie chrétienne », dit le concile Vatican II.

Qu’est-ce qui fait une messe ?

La messe porte un drôle de nom, dérivé d’un des mots de la dernière phrase de sa liturgie latine. Sous ce nom, on regroupe une suite de rites, de paroles et d’actions qui sont vécus en communauté, grande ou petite.

Après une introduction pendant laquelle tous reconnaissent qu’ils sont pécheurs, c’est-à-dire encore bien imparfaits et donc en attente de l’aide de Dieu, on partage la Parole de Dieu dans l’Ancien et le Nouveau Testaments. La Parole est lue par les membres de l’assemblée (l’Évangile par le prêtre ou le diacre). Puis elle est commentée dans l’homélie.

Après la profession de foi, on revit le dernier repas de Jésus, celui où, prenant du pain et du vin, il les a donnés aux disciples en disant « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang ». C’est l’eucharistie. Il ne s’agit pas de simplement de rejouer ce moment, mais de le vivre : nous croyons que, mystérieusement, le pain devient réellement Corps, le vin devient réellement Sang. Après quoi les chrétiens sont invités à partager ce Corps et ce Sang pour faire entrer intimement Jésus en eux : c’est la communion, mot qui signifie : « union la plus forte possible ».

La messe se termine par un remerciement (« action de grâce ») et un envoi en mission.

Il y peut y avoir des messes très intimes ou très solennelles, courtes ou longues, peu importe ; toutes les messes ont le même déroulement et le même sens.

D’où vient la messe ?

C’est Jésus lui-même qui nous a dit de communier à son Corps et à son Sang par l’ordre : « Faites ceci en mémoire de moi » (« mémoire » ayant ici le sens spécial d’« action qui recommence ce qui a eu lieu la première fois »).

Les disciples, venant du monde juif, ont intégré l’eucharistie dans le rite du partage de la Parole qu’ils avaient vécu dans les synagogues.

C’est pourquoi, dans les Actes des Apôtres, juste après la Résurrection et la Pentecôte, on voit les disciples, en particulier saint Paul, célébrer la même messe exactement que nous célébrons aujourd’hui. Avec la communauté, il partage la Parole, puis célèbre l’eucharistie et les croyants communient. La messe est, avec le baptême, la toute première base historique de l’Église.

Pourquoi aller à la messe ?

La messe la plus importante est celle de Pâques. Tout le monde connaît aussi les messes de Noël, des Rameaux, des grandes fêtes. Les chrétiens sont invités à aller à messe tous les dimanches, chaque dimanche étant comme une petite Pâque, le « jour du Seigneur » parmi les autres jours de la semaine.

On peut même aller à la messe tous les jours, et les prêtres célèbrent la messe tous les jours.

Si la messe est aussi fréquente, c’est qu’elle est importante pour les chrétiens. D’abord, elle rassemble la communauté et contribue à la renforcer par la communion : l’amour du Christ, exprimé par l’eucharistie, nous réunit et nous soude. Un chrétien, sauf exception, n’est pas chrétien seul mais avec les autres. Ensuite, elle contribue à la formation de chaque chrétien, à sa réflexion et donc à sa foi. Enfin, personnellement, chacun trouve dans l’eucharistie la nourriture de la foi, de l’espérance et de la charité. Le chrétien a besoin de se nourrir du Christ autant que son corps a besoin de nourriture matérielle.

 

Frère Yves COMBEAU, o.p.