L’ordre dominicain est un ordre religieux qui a été fondé par saint Dominique et qui a huit cents ans. Il est voué à annoncer le Christ par la parole et par l’étude, avec joie, avec compétence et par tous les moyens imaginables.

Un besoin d’Évangile, une réponse

Saint Dominique, un prêtre Espagnol qui a vécu au début du xiiie siècle, a découvert dans le sud de la France une hérésievirulente : les cathares. Rapidement, il a compris que les cathares n’ont pas trahi l’Évangile ; ils ne l’ont simplement jamais entendu. L’Église de leur temps, peut-être trop rigide ou archaïque, ne leur avait pas apporté le Christ. Que faire ? Vivre pauvrement, marcher à pied et annoncer la Parole le plus simplement possible, de façon vivante, avec patience et compétence. À cette fin, il a constitué des communautés d’hommes et de femmes qui ont pris le nom d’ordre des Prêcheurs, rapidement surnommés Dominicains. Une vie fraternelle dans un esprit de simplicité et de joie, à la façon des disciples du Christ, des études développées, et surtout l’art de prêcher à tous, différemment selon les publics, l’unique message d’amour de Jésus.

Un ordre, des prêcheurs

Les dominicains et les dominicaines vivent en communauté dans des couvents. (Les moniales dominicaines, qui vouent leur vie à la prière, vivent dans des monastères.) Les couvents sont regroupés en provinces. Il y a deux provinces en France, chacune avec diverses missions à l’étranger, de l’Égypte à la Finlande. Le chef se nomme le maître de l’ordre ; comme tous les responsables de l’ordre, il est élu.

Les dominicains partagent leurs biens et vivent ensemble le rythme de la liturgie. Comme tous les religieux, ils ont un habit propre : la robe blanche (comme la Résurrection) et la chape noire. Les frères sont presque tous prêtres.

Les dominicains sont d’abord des prêcheurs. Leur prédication peut prendre toutes les formes : la prédication « classique » à la messe, les aumôneries (jeunes, hôpitaux, prisons, groupes et communautés, retraites…), la prédication itinérante à la façon de saint Dominique, l’annonce par les médias (radio, télévision, édition), mais aussi l’étude théologique, philosophique, scientifique, et l’enseignement. Les Dominicains français animent ainsi les Éditions du Cerf, Le Jour du Seigneur, l’École biblique et archéologique de Jérusalem, l’Institut islamologique du Caire (IDEO), et bien d’autres institutions. Chaque frère peut tracer son chemin et suivre son intuition.

Un ordre d’intelligence

Le premier geste du dominicain est de comprendre son interlocuteur, et de le comprendre en profondeur. Le dominicain n’est pas intellectuel pour la satisfaction de savoir plus que les autres, mais pour mieux saisir son époque, la pensée d’autrui, la pensée chrétienne.

Cette intelligence peut être savante, méthodique et structurée, comme celle de saint Thomas d’Aquin, le plus grand théologien du moyen âge ; ou bien instinctive et sensible jusqu’à la mystique, comme celle de sainte Catherine de Sienne. Parce que l’intelligence d’autrui suppose la sympathie, le dominicain peut se retrouver à défendre les pauvres, les exploités, comme le grand défenseur des Amérindiens Bartolomé de Las Casas.

L’intelligence est à la fois humble et libre. Le dominicain est membre d’une Église et à son écoute, mais il sait aussi voir ce qui ne va pas. C’est pourquoi à toutes les époques les Dominicains ont exercé cette fonction de discernement. La spiritualité dominicaine est simple, claire, directe, objective ; toujours saint Dominique revient à l’Évangile et au modèle de tout chrétien, le Christ.

Enfin le dominicain sait qu’on ne comprend pas si l’on n’aime pas. Pour annoncer l’Évangile, il faut d’abord ouvrir son cœur. C’est là le chemin de sainteté propre aux Dominicains.

 

Frère Yves COMBEAU, o.p.