De saint Augustin à Maurice Zundel, d’Anselm Grün à Paul Ricoeur, comment ces penseurs chrétiens, tous en cherchant Dieu, ont cherché en même temps le sens de l’homme ?

Trouver son identité profonde avec les penseurs chrétiens, Jean-Paul Lannegrace, éditions Salvator, 2017.

L’avis du Jour du Seigneur :

Ce livre aide à prendre du recul avec la conception moderne de l’identité contemporaine d’un individu émancipé, autonome, libéré des dépendances qui l’empêchent d’être lui-même. L’auteur Jean-Paul Lannegrace souligne les fragilités de cette identité de soi qui peut-être précaire, inquiète, marquée par un souci des apparences. Cet ancien dirigeant d’une grande entreprise invite le lecteur à approfondir sa recherche de son identité à la lumière des penseurs chrétiens.

Rencontre avec l’auteur, Jean-Paul Lannegrace
  • Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Jean-Paul Lannegrace – Ce livre présente les résultats de la recherche que j’ai menée pour mettre en lumière des preuves de l’existence en tout homme d’une identité profonde qui subsiste après sa mort. Je crois que notre identité profonde est une part du mystère de Dieu, offerte aux autres. Faire le lien entre cette recherche de son identité profonde et les penseurs chrétiens est un pari.

  • Qu’est-ce qui vous a motivé à oser ce pari ?

L’expérience de l’existence et de la nature de notre identité profonde se trouve chez les mystiques chrétiens. Ainsi saint Augustin dit à Dieu “Tu étais à l’intérieur de moi et moi j’étais à l’extérieur de moi”. Sainte Thérèse d’Avila décrit “cette demeure centrale que Dieu s’est réservée pour Lui-même et où Il peut inviter notre âme à sa paix tandis que notre esprit continue de lutter dans le monde… Son œuvre y est une première grâce, la connaître en est une seconde, savoir en parler une troisième. Cette conscience d’une identité profonde en relation avec le mystère de Dieu existe aussi dans d’autres religions. Ainsi un soufi musulman Ibn Arabi fait dire à Dieu : “Si tu cherches à te connaître, tu n’y parviens pas, mais si tu Me connais, voici que je te connais”.

  • Faites-vous un lien entre cette recherche de soi à la lumière des penseurs chrétiens et votre histoire ?

Ma foi est née à dix-sept ans à la lecture d’un livre sur les deux saints Thérèse d’Avila et Jean de la Croix. La part transcendante et inconsciente de tout homme m’a sauté aux yeux. Cette conviction a habité toute ma vie et j’ai souhaité qu’elle soit davantage proclamée par l’Eglise et que mon livre y contribue.

  • Qu’est-ce que les jeunes générations prises par cette quête de soi peuvent apprendre de la vie de ces “anciens” ?

La quête actuelle de l’être soi est une quête d’authenticité. Elle échoue si elle reste une quête narcissique de soi, mais elle réussit si elle devient une quête de l’Etre, de la vie en plénitude. Le chemin n’est pas d’entrer en soi-même comme l’exprime le regard centré sur soi des statues des bouddhas mais de sortir de soi comme l’expriment les visages des saints des porches de nos cathédrales. Ils accueillent les autres avec l’Amour de Dieu qui jaillit de leur identité profonde. Ils ne cherchent pas à connaitre leur identité profonde mais ils en naissent. Comme le dit le moine Thomas Merton : “L’artiste entre en lui-même pour créer, le moine entre en Dieu pour être créé.”

 

Trouver son identité profonde avec les penseurs chrétiens, Jean-Paul Lannegrace, éditions Salvator, 2017.