La Vierge Marie, mère de Jésus de Nazareth, est une figure essentielle pour les chrétiens orthodoxes et catholiques, qui lui vouent un culte particulier. Aussi figure importante de l’islam, Marie est respectée par les Eglises protestantes pour son exemplarité et pour son rôle dans le salut de l’homme, mais elles ne lui vouent pas de culte particulier. Les catholiques lui vouent une vénération en tant que la Mère de Jesus, mais aussi Mère de Dieu, à la fois comme témoin et disciple de l’amour de Dieu. Ils l’appellent « Marie de Nazareth », « Sainte Vierge », ou « Vierge Marie », ou encore « Notre-Dame » ou « Mère de Dieu ». Ils vénèrent la Bienheureuse Marie, toujours Vierge, établie par le Christ comme Mère de tous les hommes. La dévotion mariale des fidèles s’exprime par de nombreuses processions, des pèlerinages organisés par les diocèses ou paroisses, vers les sanctuaires marials, souvent lieux d’apparition de la Vierge, en particulier à des jeunes enfants, comme à Sainte Bernadette Soubirous à Lourdes en 1858 ou à Fatima en 1917.

Mère de Jésus, l’envoyé de Dieu

Le catholique affirme qu’il croit en Jésus-Christ, le fils unique de Dieu, qui s’est fait homme, « conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie », quand il récite le Credo à la messe.

La Vierge Marie éclaire la foi des Chrétiens par son attitude d’accueil, sa confiance et sa disponibilité à Dieu. Elle reconnaît en son fils l’envoyé de Dieu, le Messie. Elle est l’exemple du disciple, ou de tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant sa sainteté. Elle sera désignée comme mère des Chrétiens, de tous ceux qui reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu et proclament la Résurrection du crucifié.

La prédestination de Marie

Le Nouveau Testament évoque que Dieu a choisi, pour être la Mère de Son Fils, une fille d’Israël, une jeune juive de Nazareth en Galilée, ” une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie ” (Lc 1, 26-27).

La lecture de l’Ancien Testament suggère que Marie descend d’une longue lignée divine, que sa mission était dans le projet de Dieu, et qu’elle va l’accomplir. Tout au long de l’Ancienne Alliance, la mission de Marie a été préparée par celle de saintes femmes. (cf. Gn 3, 15)

Marie, vierge et enceinte

Pour l’Eglise catholique et orthodoxe, la virginité de Marie est liée à la divinité de son fils Jésus. Les Evangiles selon saint Matthieu et saint Luc (80-85) rapportent l’Annonciation, l’annonce faite par l’archange Gabriel à Marie, puis à son futur époux Joseph, de la conception virginale de Jésus. Comme elle n’a jamais eu de relations sexuelles avec Joseph, ce dernier pense qu’elle a commis un adultère. Mais l’ange lui explique qu’Il est le Messie, né non d’une volonté d’homme, mais donné par Dieu à l’humanité. Jésus vient d’ailleurs, il est dit : « conçu par l’Esprit Saint ». Les Pères de l’Eglise, tel S. Ignace d’Antioche (début IIe siècle), voient dans la conception virginale le signe que c’est vraiment le Fils de Dieu qui est venu dans l’humanité. La virginité de Marie manifeste l’initiative absolue de Dieu dans l’Incarnation. Jésus n’a que Dieu comme Père (cf. Lc 2, 48-49). Les protestants respectent Marie mais ne croient ni à son Immaculée Conception (sa naissance miraculeuse d’une mère légendaire, Anne), ni à son Assomption.

La Vierge Marie dans la bible

Il faut attendre les Evangiles selon Saint Matthieu et Saint Luc (80-85) pour y lire l’Annonciation, annonce à Marie de la conception virginale de Jésus, puis la Visitation, où Marie, rendant visite à sa cousine Elisabeth, exprime sa joie dans le Magnificat (Lc1,39-55). Les évangiles évoquent ensuite à Bethléem la naissance de son fils Jésus, (Mt 2,1-6) à qui les bergers, puis les rois mages viennent rendre hommage (Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21). La fuite de la Sainte Famille en Egypte, puis la Présentation de Jésus au Temple. Puis Marie vit l’angoisse de la disparition de son fils, resté au Temple parler avec les docteurs de la Loi alors qu’elle part avec Joseph en pèlerinage. Une fois son fils adulte, Marie apparaît comme instigatrice du miracle de Jésus qui, lors des noces de Cana, change l’eau en vin. Jésus demandant à Marie : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue.” Sa mère dit alors aux serviteurs “Faites tout ce qu’il vous dira. » (Jn 2,1-11). Enfin, Marie se tient au pied de la croix de son fils crucifié. Jésus, avant de mourir, confie Marie à son discipleJean : « Voici ta mère » (Jean 19, 25-27) et son disciple à Marie : « Femme, voici ton fils ». Le jour de la Pentecôte, Marie est aussi présente au milieu des disciples (Ac 1,14).

Sainte Marie, Mère de Dieu, Vierge, Immaculée :

Au cours des siècles, les Catholiques ont toujours vu en Marie le disciple par excellence. En elle se manifeste tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant sa sainteté. En effet, Marie donne un assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation.

L’Annonciation à Marie est liée à Jésus, où l’Esprit Saint joue un rôle fécond ; « l’Esprit Saint est envoyé pour sanctifier le sein de la Vierge Marie et la féconder divinement ». Devant un tel mystère, qui dépasse toute compréhension et toute possibilité humaine, (cf. Lc 1, 34), il fallait que Marie soit portée par la grâce de Dieu. Pour être la Mère du Sauveur. Au long des siècles l’Église a pris conscience que Marie, « comblée de grâce » par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX. Par la grâce de Dieu, Marie dès sa naissance, est orientée selon l’amour de Dieu, elle est prête à l’avènement du Christ venu pour le salut de tous les hommes. C’est ainsi qu’elle peut recevoir le titre d’« Immaculée ». L’Assomption de Marie signifie qu’en vivant pleinement de l’Esprit Saint, elle accède totalement, par la grâce particulière de son fils, à la Résurrection. Marie précède le chrétien sur le chemin des sauvés en Jésus Christ.

Certaine que ” rien n’est impossible à Dieu ” Marie répond  avec humilité : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 37-38). Ainsi, elle donne son consentement à la parole de Dieu, et devint ainsi Mère de Jésus, se mettant au service  de l’œuvre de son Fils. C’est ainsi qu’elle est aussi appelée « Mère de Dieu ». (Concile d’Ephèse en 431). En Jésus, l’Église reconnaît le Dieu fait homme, c’est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Depuis des générations, les catholiques confient à Marie leurs soucis, leur désir d’avancer dans la foi, récitent le chapelet, font des pèlerinages en dévotion vers les sanctuaires marials. Au XX° siècle, l’évêque local a reconnu pour 7 apparitions de la Vierge Marie, dont le caractère surnaturel des faits tels (Fatima (1917 – Portugal), ou Beauraing (1932 – Belgique).

Domitille BLANC TAVERNIER