L’évangile est un mot très ancien. Avant Jésus, le terme évangile est utilisé pour annoncer une victoire ou encore la montée sur le trône d’un nouvel empereur. Dans l’Ancien Testament, il annonce le succès des rois, des héros. Il est utilisé pour annoncer des événements fondamentaux comme celui du retour des exilés de Babylone en terre d’Israel (587-538 av JC)

Le mot français « évangile » est la traduction d’un mot grec euangelion littéralement « bonne nouvelle ». Le premier à utiliser ce mot est Marc qui écrit son texte entre les années 64-70 ap. JC. Au début de son récit, Marc désigne le terme euangelion pour désigner cette première narration de cette bonne nouvelle. « Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ Fils de Dieu » (Mc1,1).

Les Evangiles ne sont pas un carnet de bord de la vie de Jésus. Aucun de ses disciples qui l’accompagnaient sur les routes de Palestine n’ont pris en note ses gestes et ses paroles. Les Evangiles, puisqu’ils sont au nombre de quatre, ne sont pas non plus des livres souvenirs sur Jésus. Ils n’ont pas été écrits immédiatement après la mort et la résurrection de Jésus.

La différence entre Evangile et Bible

La Bible peut être comparée à une bibliothèque composée de 73 livres dont la rédaction s’étale sur près de 1300 ans. Si on classait sur une étagère les livres de l’Ancien Testament, il y en aurait 46. Si on dispose sur un autre rayon, ceux du Nouveau Testament, il y en aurait 27 dont les les 4 premiers livres sont les quatre évangiles.

Ils sont donc quatre. Trois plus un, plus précisément, un peu comme les « Mousquetaires », car le dernier venu, celui de Jean, est sensiblement différent des autres. Leur rédaction commence vers 65 après la mort de Jésus et se prolonge jusqu’à la fin du premier siècle.

Ce qu’est l’Evangile

Au cours du premier siècle, quatre livres sont rédigés par quatre auteurs différents. Matthieu, Marc, Luc et Jean.  Quatre auteurs distincts. Chacun organise son récit en fonction de la communauté à laquelle il s’adresse. L’Evangile de Marc a été composé à Rome entre 64 et 70. Celui de Matthieu en Palestine entre 80 et 90, et celui de Luc dans les milieux grecs de Syrie entre 80 et 90. L’Evangile de Jean, plus tardif sentre 90 et 100, probablement en Asie Mineure, à Ephèse. Chaque auteur a mis par écrit les traditions orales transmises à travers les communautés chrétiennes. Et ceci du pays où il réside et vit. C’est là qu’il reçoit le témoignage de ceux qui ont connu Jésus de son vivant. Ainsi, les quatre Evangiles mêlent ainsi l’information historique et la manière de croire en Jésus, le Christ, le Fils de Dieu.

Les trois premiers évangiles sont appelés synoptiques. Ils ont de telles ressemblances de fond et de forme qu’ils peuvent être édités en trois colonnes parallèles d’où le nom de synoptique (en grec sunoptikos : sous un seul regard)

Quatre auteurs – Quatre destinataires différents

Matthieu

Il est placé comme le premier dans le Nouveau Testament. Son récit contient 28 chapitres ce qui en fait le plus long. Il est écrit dans les années 80-90 quand la séparation entre le christianisme et le judaïsme est effective. L’auteur s’adresse à une communauté judéo-chrétienne rejetée par les communautés juives.Ainsi, l’évangéliste souligne l’importance de l’enseignement de Jésus avec cinq grands discours. En contact étroit avec les rabbins juifs, Matthieucherche à  éclairer les premiers chrétiens en Palestine. Ils leur montrent comment les Ecritures trouvent en Jésus leur accomplissement.

Marc

Son Evangile suit celui de Matthieu dans la Bible. Mais c’est Marc qui est est le premier auteur de ce genre narratif qu’est l’Evangile. C’est le plus court des quatre récits. La rédaction se fait entre 64 (début des persécutions de l’empire romain, contre les chrétiens et 70 (destruction du Temple de Jérusalem).

Dans son texte, Marc montre moins le contenu de l’enseignement que Jésus en acte d’enseigner. Avec cet acte suprême de Jésus, celui de sa mort sur la croix. Dans un récit aussi bref, la Passion et la Crucifixion prennent une place importante.

Luc

Il est appelé de troisième Evangile et contient 24 chapitres. L’auteur est probablement un chrétien d’origine païenne, grand connaisseur de la littérature grecque et de la Bible. Sa rédaction s’est faite vers 80-85

Luc présente lui-même son Evangile comme un récit ordonné de ce que Jésus a fait et enseigné, composé après enquête sérieuse auprès des témoins. L’histoire qu’il rapporte est une histoire du Salut. Plus clairement que les autres, il dépeint Jésus comme le Prophète et le Sauveur. Son Evangile baigne dans une atmosphère de joie, de louange et de prière. Il accorde une grande importance à Marie et aux femmes qui ont suivi Jésus. Evangéliste de la miséricorde et de la pauvreté, Luc insiste sur le renoncement imposé aux disciples qui veulent suivre Jésus ; la Croix est son lot quotidien. Cet Evangile s’adresse à  des lecteurs païens.

Jean

C’est le quatrième Evangile et propose 21 chapitres. Comme ceux de Matthieu et de Luc, il est écrit après la rupture entre la communauté juive et la communauté chrétienne. Sa rédaction finale daterait de la fin du premier siècle. L’Evangile de Jean est profondément original. Le cadre, le langage, le système de représentations ne sont plus ceux de Matthieu, de Marc et de Luc. Ne retenant que quelques faits essentiels, Jean a l’art du dialogue et du monologue. Il plonge dans un univers symbolique pour dévoiler la richesse de vie du croyant dans le Christ. Jésus est glorifié sur la Croix et il transmet l’Esprit à ses disciples. La vie chrétienne s’épanouit dans la foi et les sacrements. Etre chrétien, pour Jean, c’est aimer comme Jésus a aimé.

 

François LE ROUX

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