Le personnage historique de Jésus est au cœur de la foi chrétienne. En disant « Jésus est le Christ », on résume la foi chrétienne : Jésus, le fils du charpentier de Nazareth est le Messie attendu et le Sauveur.

Qui est Jésus ?

Attestée par les recherches archéologiques et par les récits des historiens romains (Flavius Josèphe, Tacite, Suétone), l’existence historique de Jésus a débuté à Bethléem en Judée au début de l’ère qui fonde notre système de datation. Sa naissance se passe au moment d’un recensement de la population de tout l’Empire romain. Ensuite Jésus grandit à Nazareth après un bref exil en Égypte. Vers l’âge de trente ans, Jésus quitte Nazareth et commence une vie publique itinérante. Il appelle ses disciples et marche avec eux à travers la Judée et la Galilée. Il enseigne, il guérit les malades, il chasse les démons, il marche sur les eaux, il pardonne les péchés, il ressuscite des morts. Il est attentif aux enfants. Il partage des repas, une fête de mariage, des pèlerinages à Jérusalem. Il vit en croyant juif, va à la synagogue, observe le sabbat. Il pleure, se met en colère, connaît la tristesse, la fatigue et la soif, la compassion et même l’angoisse. Jésus est reconnu pour son autorité naturelle. Son enseignement est suivi. Mais il appelle Dieu son Père. Et même il s’attribue le Nom divin… Arrêté, emprisonné, violenté, il est crucifié sur l’ordre de Ponce-Pilate. Il meurt à l’âge de trente-trois ans. La foi qu’il suscite parmi ses disciples s’avère au cours des siècles suivants déterminante pour l’Empire romain, mais aussi pour tout l’Occident. Elle perdure partagée par des millions de chrétiens dans le monde au troisième millénaire.

Jésus-Christ et le christianisme

Pour les chrétiens, Jésus est le Fils unique de Dieu, il est Dieu lui-même et non seulement une haute figure de l’humanité. La foi chrétienne affirme que le fils de Dieu s’est fait homme pour partager notre condition et nous faire participer en retour à sa divinité.

Pour permettre aux hommes d’entrer dans la communion divine des trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il était nécessaire d’établir un lien vivant avec l’humanité. Ce fut l’incarnation. L’Un d’eux s’est fait l’un de nous. Il est venu partager la condition humaine pour que les hommes puissent intégrer l’amour des trois personnes de la trinité. Le Fils de Dieu s’est fait le Fils de l’homme. Ce Dieu né de Dieu s’implante dans la Vierge Marie. Il vient au monde à Bethléem pendant que « Quirinius était gouverneur de Syrie », ce que célèbre la fête de Noël. Le nom qu’il reçoit à la circoncision n’est pas exceptionnel en Israël. En hébreu Yehoshua’ ou Yeshua’ signifie littéralement « Dieu sauve » ou plus simplement « salut ».

On accorde ailleurs à Jésus le qualificatif de Christ, ce qui signifie « oint » en grec christos, tout comme en hébreu messie, mashiâh. En Israël, les rois, les prêtres et les prophètes recevaient une onction. Jésus hérite de la triple onction royale, prophétique et sacerdotale qui fait de lui l’héritier de David et le grand prophète qu’attendait Israël (et que les juifs attendent toujours). L’onction qu’il reçoit est celle de l’Esprit-Saint, l’Amour qui unit les personnes de la Trinité. Elle est fortement exprimée par une voix dans le ciel au moment de son baptême par Jean le Baptiste dans le Jourdain.

Jésus porte aussi le nom biblique d’Emmanuel, mot à mot, « Dieu avec nous ».

Jésus dans la bible

Dans la Bible, quatre textes rapportent les paroles et les actes de Jésus, ce sont les évangiles. Les évangélistes reconnaissent en Jésus le Messie annoncé par les écritures. Témoignage oculaire, l’évangile est un récit de première main façonné par le kerygme, c’est-à-dire par une argumentation théologique encodée dans la mort et la résurrection de Jésus, signatures à la fois de l’humanité et la divinité de Jésus.

Au fond, la Bible ne parle que de Jésus. Tout au long de l’histoire sainte, à travers des figures de chefs, de prophètes et de rois, de Joseph, Moïse, David à Jérémie, Dieu libère son peuple et l’appelle à la conversion. Et les pères de l’Eglise ont poussé loin cette lecture allégorique voyant en Jésus, un nouvel Adam, un nouveau David, un nouvel Élie… Toutes ces figures parlent de Jésus à leur manière. Par exemple Joseph condamné à mort et vendu par ses frères est finalement élevé par Pharaon. Il sauve de la famine ceux qui voulaient le tuer. Son histoire anticipe ce que réalisera Jésus. Par exemple, Moïse parle à Dieu comme à un ami, il le voit et s’entretient avec lui face à face sur le mont Thabor. Jésus, en prière sur la montagne, appelle Dieu Abba, « Papa ». Il  magnifie cette intimité et ce cœur à cœur avec Dieu comme un nouveau Moïse.

Ainsi au fil des pages de la Bible voit-on Israël attendre un Messie, un Elu, tantôt présenté avec puissance, tantôt vu comme un serviteur doux et humble allant jusqu’à prendre sur lui la douleur et les péchés de tout le peuple. Dans la chair de la Bible, s’esquissent le visage, le message et le sacrifice de Jésus, le Sauveur.

 

Magali Michel