L’été du Jour du Seigneur aura quelques accents européens. Si la question du rapport des pays à l’Europe politique s’est plus que jamais posée ces jours derniers, nos choix éditoriaux sont fondés sur autre chose :  le souci de la catholicité. Et pour cela ayez bien à cœur le sens du mot : il s’agit d’universalité. Par étymologie, catholique signifie : « universel » ; « ce qui est selon le tout ». Quand les langues sont différentes, quand les cultures sont diverses, quand les manières d’être nous distinguent, quand les histoires et les nations ont leur enracinement et leur autorité propres, les chrétiens estiment qu’il y a un fondement qui rassemble, unit et dynamise ce puzzle : le Christ. L’universel trouve une unité dans le Christ. Dans l’universel Le Jour du Seigneur aime le dynamisme des rencontres : rendre visite à l’autre et le découvrir. C’est une expérience spirituelle profonde dans le christianisme, pour sortir de soi, et, d’abord, pour ne pas laisser l’autre seul, surtout lorsqu’il est fragile et vulnérable.

Nos rencontres européennes cet été ? Elles permettront des découvertes en Belgique néerlandophone le 3 juillet, en Pologne avec les JMJ les 24 et 31 juillet, en Belgique francophone le 7 août. Et la France, le 15 août, assurera la messe de la solennité de l’Assomption que reprendront plusieurs télévisions européennes.
La première de ces visites sera le dimanche 3 juillet, avec les chaînes publiques belges francophones et néerlandophones. A quelle occasion ? La fête du couronnement célébrée seulement tous les sept ans, dans la ville flamande de Tongres, située à proximité de Liège. Cela se passera dans un sanctuaire dédié à la Vierge Marie dont la statue fut couronnée solennellement en 1890. Mais les festivités remontent déjà au XIVe siècle : les habitants de la ville se mobilisaient pour une procession fervente, en suivant plusieurs reliques largement vénérées.

Cette tradition s’est trouvée associée à la fête de la Visitation de la Vierge Marie. Comme moi, vous vous demanderez sans doute pourquoi cette célébration se fait au début du mois de juillet alors que le calendrier liturgique célèbre cette fête le 31 mai. J’ai découvert qu’il n’en a pas toujours été ainsi. A partir du 13e siècle jusqu’à la réforme liturgique de 1969 dans l’Eglise catholique, la Visitation de la Vierge Marie était célébrée le 2 juillet. Et c’est encore le cas dans les régions allemandes.

Et j’aime me souvenir que lorsque l’Evangile rapporte cet épisode de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth, il est dit : « En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint » (Luc 1, 39-41).

Il y a empressement à rendre visite : cela redit l’importance de sortir de soi pour aller vers d’autres, comme je le rappelais tout à l’heure en parlant de la « catholicité ». Et Marie aborde une montagne. Le propre d’une montagne, c’est que l’on avance sans savoir quel est le paysage qu’il y aura derrière : que vais-je découvrir ? Suis-je prêt à me laisser surprendre ? Et enfin, Marie porte en elle le bonheur, elle porte l’enfant qui la rend heureuse, et elle va offrir quelque chose de ce trésor intérieur à sa cousine : le Christ sait être le bonheur de tous ! Appel à communiquer à d’autres ce que nous avons de plus précieux ! Tout cela dit l’importance d’aller plus loin que nous-mêmes, ici-bas à l’écoute des autres, et au-delà de nous-mêmes, vers notre vraie cité qui se trouve dans les cieux ! C’est bien ce désir de catholicité qui anime le Jour du Seigneur, au sein même du service public de la télévision française…

 

Frère Philippe Jaillot, o.p.