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Le jour du seigneur

La Miséricorde : « une force d’amour et de pardon »

Décryptage

« La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier Dimanche après Pâques » : les mots du Christ à sœur Marie Faustine Kowalska (1905-1938). En 2000, en canonisant la religieuse polonaise, Jean-Paul II institue solennellement ce dimanche de la Miséricorde. Cette année dans notre matinée, c’est Mgr Michel Pansard, l’évêque de Chartres qui célèbre et préside cette messe depuis la cathédrale de Chartres.

La Miséricorde, c’est Dieu « engagé dans un projet d’Alliance ».

Pour vous, Mgr Michel Pansard, la Miséricorde c’est ?

Mgr Michel Pansard : C’est « le nom de Dieu » dit le pape François. Dieu engagé dans un projet d’Alliance. Dieu engagé contre ce qui fait mal aux hommes qu’Il aime.

Et être miséricordieux ?

Etre miséricordieux, c’est avoir des yeux ouverts et un cœur attentif à ce qui touche nos frères en humanité et en particulier les plus fragiles. Quand les yeux et le cœur s’ouvrent, notre intelligence se fait inventive et nos mains actives. Combien d’initiatives ont été prises tout au long de l’histoire humaine

Votre figure de Miséricorde dans la Bible ?

Le Bon samaritain qui, dans les verrières de la cathédrale de Chartres, a le visage de Jésus-Christ.

De Saint ?

Une belle figure de sainteté est le Serviteur de Dieu, Franz Stock, serviteur inlassable de la réconciliation et de la miséricorde. Prêtre allemand du diocèse de Paderborn présent pendant la 2e  Guerre mondiale, il a été serviteur de la miséricorde auprès des prisonniers des prisons de la Santé et du Cherche-Midi. Il a accompagné des centaines d’hommes jusqu’au poteau d’exécutions du Mont Valérien. Devenu prisonnier de guerre à la fin du conflit, il devient au cœur des camps de prisonniers, supérieur du Séminaire des barbelés à Chartres. C’est dans ce lieu que passeront plus de 900 séminaristes allemands prisonniers avant leur retour au pays.

Une prière de Miséricorde ?

Le Magnificat de la Vierge Marie qui chante la miséricorde de Dieu, qui s’étend d’âge en âge. Dieu qui se souvient de sa miséricorde, de son amour.

La Miséricorde : « une force d’amour et de pardon »

Ce Dimanche est aussi l’occasion de redécouvrir avec le frère Yves Combeau, dominicain et prédicateur pour Le Jour du Seigneur, le sens de cette Miséricorde que le pape François a appelé « la carte d’identité de notre Dieu ».

Quelle est l’origine de cette fête de la Divine Miséricorde ?

Frère Yves Combeau : La fête de la Divine-Miséricorde pour l’ensemble de l’Eglise date de l’an 2000. Elle est due à la dévotion de Jean-Paul II pour cet aspect de l’amour de Dieu. Jean-Paul II avait en effet fréquenté, à Cracovie, le sanctuaire de la Divine-Miséricorde où sont conservées les reliques de sainte Faustine Kowalska, religieuse visionnaire porteuse d’un message de pardon et de consolation de la part du Christ. Jean-Paul II a suivi la demande exprimée par Faustine Kowalska d’une fête placée intentionnellement le dimanche d’après Pâques. Cette fête est en quelque sorte l’application pratique de Pâques : le Christ mort et ressuscité nous a donné cette force d’amour et de pardon qu’on nomme miséricorde.

Pourquoi la célébrer ?

Une fête est un temps désigné pendant lequel on remercie Dieu, ou bien on se souvient d’un événement-clé, ou bien encore on se rappelle de quelque chose d’important que, dans l’épaisseur et la complexité du quotidien, l’on a tendance à oublier. C’est le cas de l’amour inconditionnel de Dieu pour les hommes – la miséricorde. Comme l’amour de Dieu pour nous est sur-humain, extraordinaire, sans condition, nous avons tendance, nous dont l’amour est humain, c’est-à-dire limité, à l’oublier ou à le travestir. Naturellement, la miséricorde de Dieu ne s’arrête pas à ce dimanche particulier ; pas plus que sa Passion ou sa Résurrection ; mais ce dimanche s’intègre dans le cycle annuel de célébration, de méditation et d’enseignement qu’est une année liturgique.

Quelle actualité de ce message ?

En fait, ce message est intemporel. L’amour miséricordieux du Christ a été exprimé, à d’autres époques, par d’autres termes, voire d’autres fêtes. Ainsi le Sacré Cœur, qui n’a pas d’autre signification. Mais dans la fête de la Divine-Miséricorde, il y a une dimension spécifique de pardon, d’amour qui pardonne. Or nous vivons une période dure, violente physiquement, mais aussi moralement ; même dans notre société libre, ouverte et policée, on condamne vite, on juge beaucoup, on ne cesse de fixer des règles aux relations humaines. Or le Christ nous aime, lui, sans condamnation ni jugement, de façon absolue. Cet amour inconditionnel, notre société en a grand soif aujourd’hui, même si elle ne le sait pas.

Pour vous, comme prêtre, la Miséricorde c’est ?

D’abord, c’est mon ministère de prêtre, c’est-à-dire ce à quoi je sers comme prêtre. Un prêtre donne le pardon de Dieu, donne le Corps et le Sang du Christ, donne l’Esprit d’amour par le baptême… Le prêtre est « ministre », autrement dit serviteur et ambassadeur de la miséricorde. Ensuite, plus personnellement, c’est une découverte de ma maturité d’homme. Plus jeune, j’étais aussi plus rigide, plus attaché à la justice, à la correction des comportements. Avec l’expérience, une meilleure connaissance d’autrui et de moi-même, je découvre l’importance cruciale, première, de la miséricorde. Aujourd’hui j’en fais (soyons modeste : j’essaie d’en faire) le préambule de toute rencontre, de toute prise de parole.

Votre figure spirituelle de Miséricorde ?

Saint Dominique ! En posant un regard de miséricorde sur les cathares, hommes et femmes, qu’il a rencontrés en Languedoc, il est sorti de l’impasse dans laquelle s’enfermaient les missionnaires envoyés par le pape. Il a pu voir et entendre ces personnes en vérité, discerner l’authenticité spirituelle présente en eux, leur rendre ainsi leur dignité d’enfants de Dieu. Dominique n’était pas un faible ni un mou ; c’est un homme vigoureux en paroles, actif, exigeant ; mais jamais il n’a condamné quiconque. Au contraire, comme le Christ, « il s’est assis avec les pécheurs », il les a aimés avant toute chose.

 

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