Louise est au monde gitan ce que Marianne est à la France : une figure à la fois emblématique et incontournable. Nous n’étions même pas encore arrivés aux Saintes Maries que dans le train on nous parlait déjà d’elle ! Une fois sur place, il est impossible de passer à côté de cette femme de 86 ans, mère, grand-mère et dix fois arrière-grand-mère ! Nous avons eu la chance de rencontrer ce véritable monument vivant de la culture tzigane.
Louise, que l’on appelle aussi la Pizla, est une tzigane de l’Alsace. C'est une pionnière : première gitane d’Alsace à passer le permis de conduire, sans savoir lire s’il vous plaît ; première femme à se sédentariser en se mariant à un gadjo (comprenez un non-gitan) et pour échapper à la misère. Mais se sédentariser ne signifiait pas renoncer à sa culture. Pour la matriarche, il est essentiel de transmettre les valeurs positives de la culture tzigane : le respect de la nature, le sens du partage, la langue (toute sa descendance parle le romani, la langue commune à tous les gitans), le lien avec la mer hérité de la culture hindouiste etc.
Depuis 1960, Louise vient aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec son clan pour le pèlerinage à Sainte Sara. Aujourd’hui, elle regrette que la jeunesse se perde, elle qui est une « amoureuse de l’humanité ». Que demande-t-elle à Sainte Sara lors de cette fête du 24 mai ? Personne ne le sait, mais les yeux de Louise, qui se détachent sur son visage ridé, nous prouvent que la foi qui l’anime est une flamme communicative.
NDLR : pour découvrir ce personnage hors du commun, plongez-vous dans le livre de Sophie Képès Sur ces chemins ou nos pas se sont effacés
Toutes les images du pèlerinage des gitans sont à retrouver sur notre page spéciale Saintes-Maries-de-la-Mer


