Imprimer les textes

14/12/2014, 3e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Lumière, lumière… vous avez dit lumière ?!

Nous sommes en décembre, les jours ne cessent de diminuer depuis des mois. La nuit est de plus en plus longue. L’ambiance est froide, glaciale, dans notre monde. Et nous aurions bien des raisons d’être pessimistes… en tout cas de manquer d’optimisme. Beaucoup sont tentés de ne plus croire au retour du soleil. Comme si les jours devaient diminuer jusqu’à l’extinction définitive de la lumière.

Frères et sœurs, le bonheur reviendra-il dans notre monde ?

Les choses sont-elles condamnées à aller de mal en pis ? D’où reviendra la lumière ? Le soleil, on sait où il est, mais où est le grand « Soleil » de l’Espérance ? Qui nous le donnera ? Existe-t-il seulement !?

Notre génération n’est pas la première à marcher dans l’ombre et à désirer que se lève une grande lumière ! Remarquez que dans l’Evangile qu’on vient d’entendre, tout le monde cherche celui qu’on ne nomme pas encore mais qu’on surnomme « la lumière », « le messie », « celui qui doit venir », « le grand prophète ». On presse Jean-Baptiste pour savoir si c’est lui ! Non ! Ce n’est pas lui ! C’est un autre dont le prophète dit qu’il est si grand que lui-même n’est « pas digne de défaire la courroie de sa sandale ».

Nous ne sommes donc pas les premiers à attendre. Et tant mieux : attendre c’est bon, ça aiguise l’appétit ! Le drame c’est que nous sommes peut-être les derniers à espérer ! Car ça fait longtemps maintenant qu’on nous dit et redit que la « lumière » pour tous n’existe pas ! En parlant de lumière… Des philosophes, dans ce quartier de Paris, ont voulu montré au monde entier que tout projet surnaturel de bonheur universel est une tentative d’imposer à tous une pensée unique ! Il fallait plutôt miser sur le progrès politique, économique, scientifique… Le rêve était beau, mais ça n’a pas marché ! Alors beaucoup, aujourd’hui, se sont résignés à se fabriquer leur propre mini-soleil, selon leur moyens… Consommation, sport, politique et même une certaine religion privée, chacun y va de sa source de lumière, de chaleur, de joie, sa petite opinion toute personnelle sur la vie, sur le monde…

Non seulement cela crée des clans, des jalousies, des angoisses, des violences : « tu as chipé le soleil que je voulais » ; « mon soleil est mieux que le tien » ; « touche pas à mon soleil ». Mais en plus, à l’instar des illuminations colorées de Noël qui tentent de pallier le manque de lumière, tout ça reste limité, artificiel, éphémère.

Vous avez compris que quand je parle du Soleil, je veux parler d’un Amour qui brille pour tous : pour les riches, les pauvres, les bons et même les méchants. Un Amour qui illumine, réchauffe, rassemble…. Pas seulement l’amour que nous avons, ou pas, les uns pour les autres, avec des limites, des hauts et des bas : solidarité, entraide, générosité, bienveillance… restent Dieu-merci des valeurs de notre monde !

Mais nous proclamons un amour plus grand encore. Qui vient de quelqu’un qui nous unit parce qu’il est au-dessus de nous. Le seul capable de donner lumière et bonheur à chacun sans distinction.

Comment cela est-il possible !? Parce que vous êtes là ce matin ! Parce que vous attendez en regardant vers la crèche ! Cela est déjà un signe, une « bonne nouvelle pour les pauvres, une guérison pour ceux qui ont le cœur brisé, une annonce de délivrance aux prisonniers ». Même si le soleil de Justice ne semble pas encore briller sur notre terre vous êtes chacun un reflet de sa clarté. Envoyés même dans les coins les plus ténébreux, même dans les cœurs les plus sombres. N’ayez pas peur, le monde a soif plus que jamais et ce n’est pas un message publicitaire de plus, que vous portez : « Enveloppés du manteau de l'innocence, vous avez revêtus les vêtements du salut, le diadème, les bijoux, pour que germe la louange devant toutes les nations. »

Tout le monde sait que l’allongement de la nuit va cesser à partir du 25 décembre. Mais l’obscurité des cœurs tristes, va-t-elle continuer à s’allonger sans fin !? Qui la vaincra : des guirlandes électriques !? Non, des chrétiens qui « n’éteignent pas l’esprit qui est en eux » et qui vivent « dans la joie, rendant grâce en toute circonstance »… C’est nous !

Prédicateur :
Père David Macaire
Références bibliques :
Is 61, 1-2a.10-11 ; cantique Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54 ; 1 Th 5, 16-24 ; Jn 1, 6-8.19-28
Paroisse :
Eglise Saint-Germain-des-Prés
Ville :
Paris (6e)

Prédicateur :


Père David Macaire

Frère David est dominicain, originaire de Martinique et prêtre depuis 2001. Il s'est illustré à travers de nombreux apostolats, notamment, il fut aumônier de lycée, il a eu un apostolat dans la rue, et a dirigé des groupes de gospel.
Orateur de talent, il est appelé pour prêcher un peu partout.
Après avoir été longtemps prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux, il a été élu en 2011 prieur à la Sainte-Baume (Var) d'une maison dominicaine nouvellement érigée en couvent. Il prêchera le pèlerinage du Rosaire 2014.
Titulaire d'une maîtrise en théologie, il a écrit, entre autre, un "pense-bête de la foi" sur cette question : Le pape est-il infaillible ?
(Exultet)



Ses homélies :
Nous avons besoin de vous !