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24/07/2016, 17e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Seigneur, apprends-nous à prier

« Seigneur, apprends-nous à prier », une demande simple et magnifique ! Tous, comme saint Paul, nous reconnaissons que « nous ne savons pas quoi demander pour prier comme il faut ». (Rm 8, 26)

Un jour donc, quelque part, Jésus était en prière. Les disciples ont été fascinés par ce spectacle. J’ose dire que la prière « nous entre » d’abord par les yeux. Un lycéen à qui on demandait comment il avait appris à prier a répondu simplement : « En regardant le P. Arnaud. » Parfois, sans que nous l’ayons cherché, nos yeux se posent sur quelqu’un qui prie et nous éprouvons la même émotion que les disciples de Jésus. Je pense aussi à l’enfant qui a eu la chance de voir ses parents prier chaque soir ou à nos frères, les chrétiens d’Orient, qui regardent leurs icônes comme des sources de lumière. Elles les invitent à la rencontre de Dieu.

Oui, il y a une fontaine de miséricorde et elle porte un nom : le Père. C’est justement le premier mot qu’utilise Jésus pour nous apprendre à prier. Et ce Père nous appelle à la louange, à l’action, au partage, au pardon et au combat contre la tentation. Au fil des années, la prière se décante. Dans son « Journal de l’âme », saint Jean XXIII écrit, à 80 ans passés : « Dans ma prière, il ne reste plus que trois choses : son Nom, son Règne et sa Volonté. Cela suffit. » Mais ce « Journal » ne cache pas les combats qu’il a dû mener auparavant pour rester fidèle. Et vous, les jeunes, vous savez bien la force spirituelle qu’il vous faut pour faire silence, écouter la Parole du Seigneur et laisser le flot de sa miséricorde vous purifier, vous renouveler.

La prière, c’est d’abord une décision : donner du temps à Dieu. Un Père doit pouvoir parler à ses enfants ; les disciples ont soif d’écouter leur Maître. Dans notre diocèse, je demande à tous de prendre chaque semaine une demi-heure ou plus pour lire et recevoir intérieurement l’Évangile du dimanche suivant. Ceux qui arrivent à la messe, après avoir fait ce travail intérieur, n’écouteront pas l’Évangile de la même façon. Et durant l’homélie, ils seront comme en conversation avec le prédicateur. Disons les choses clairement : il faut choisir un bon moment pour Dieu, prévoir le lieu, faire attention à son attitude corporelle, être décidé à chasser tout ce qui détourne du silence et de l’écoute. Oui, l’écoute est un mot essentiel, c’est le premier que Jésus, comme tous les juifs, prononce quand il commence à prier : « Shema Israël, écoute Israël. »

Le nerf de la prière, si je puis dire, c’est la demande. Le « Notre Père » n’est fait que de demandes. Et Jésus veut que nous sachions insister comme cet ami importun qui vient déranger son voisin en pleine nuit. Ne craignez pas d’être sans gêne. Demandez, cherchez, frappez… Dieu est votre Père, il ne risque pas de faire la sourde oreille ! Il vous donnera tout ce dont vous avez besoin. Jésus suggère même de demander l’Esprit Saint au cas où nous aurions oublié : « Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à celui qui le lui demande ! » Il existe de nombreuses écoles de prière, issues de saint François, saint Ignace ou du Carmel… mais l’essentiel, c’est que notre prière se nourrisse de la Parole de Dieu et du contact personnel avec Jésus, celui sur qui la voix de Dieu s’est fait entendre : « En lui, j’ai mis tout mon amour. Écoutez-le ! »

Toute la vie chrétienne découle de cette rencontre vivifiante avec Jésus, aussi bien pour conduire sa vie dans la droiture et la fidélité, que pour devenir missionnaires de la Bonne Nouvelle. Le titre d’un livre écrit par un moine cistercien sur la prière m’a beaucoup marqué : « L’âme de tout apostolat ». Si vous voulez être témoins de Jésus jusqu’aux extrémités de la terre, souvenez-vous de cela : la prière est l’âme de tout apostolat. C’est l’Esprit Saint, reçu à votre confirmation, qui vous guidera dans la prière et vous donnera la force intérieure pour être messagers de la joie de l’Évangile, jusqu’à votre dernier souffle.

Références de chants :

Prédicateur :
Cardinal Philippe Barbarin
Références bibliques :
Genèse 18,20-32 ; Ps. 137 ; Colossiens 2, 12-14 ; Luc, 11, 1-13
Paroisse :
Eglise de la paroisse Saint-Nicolas
Ville :
Krapkowice (Pologne)

Prédicateur :


Cardinal Philippe Barbarin

Archevêque de Lyon, primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin, n’a pas la réputation de manier la langue de bois. Dans un récent livre d’entretien, Dieu est-il périmé, cet homme d’église engagé, parle de la crise de foi dans une société pragmatique et ultra moderne. Né à Rabat, au Maroc, en 1950, c’est un grand voyageur, qui a consacré quatre années de sa vie comme prêtre Fidei donum, à Madagascar, en enseignant la théologie au grand séminaire de Fianarantsoa (1994-1998). Récemment, il a apporté tout son soutien aux chrétiens d’Orient, à travers plusieurs voyages dont un récemment à Erbil, capitale du Kurdistan Irakien. Depuis juillet 2014, son diocèse est jumelé avec celui de Mossoul (Irak). Au sein de la Curie romaine, il est membre de la Congrégations pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.



Ses homélies :
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