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01/05/2016, 6e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Passer la porte du ciel !

La porte ! Nous avons passé la porte. C’est souvent le cas quand on entre dans une église. Mais là, il s’agit de la porte sainte. Cette basilique Notre-Dame du Perpétuel-Secours est l’un des lieux jubilaires à Paris, comme quelques églises dans chaque diocèse. Sur l’initiative du pape François, en cette année, s'ouvre la porte de la miséricorde. Les pécheurs que nous sommes sont introduits dans l'amour de Dieu.

Pourquoi faire cette démarche ici et maintenant ? Ici, parce que de l’autre côté de la rue se trouve le célèbre cimetière du Père Lachaise. Dans cette église sont célébrées de nombreuses obsèques. Ici s’ouvre chaque jour pour les défunts la porte du ciel, la porte de la miséricorde. Maintenant, parce que nous sommes le 6e dimanche de Pâques, le dernier avant la montée de Jésus dans les cieux. Aujourd’hui, avant de partir, Jésus nous donne son testament plein de promesses : il nous ouvre la porte de la résurrection, la porte de la miséricorde.

Comme chrétiens, nous n’avons pas peur de regarder cette double perspective : celle de notre mort et celle de notre résurrection. Jésus, lui-même, avant son Ascension, oriente les disciples vers cette réalité ultime de nos vies. Il se réjouit à l’idée d’entrer enfin dans ce pour quoi nous sommes tous faits : le Ciel. Ne dit-il pas dans l'évangile d'aujourd’hui : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé, ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : je m’en vais et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie » ? Jésus nous parle de son avenir, il nous parle de notre avenir.

Frères et sœurs, la miséricorde c’est l’avenir de chacun d’entre nous. Nous le savons, nous aurons tous une ultime porte à passer. Cette perspective aurait sans doute de quoi nous effrayer et nous bouleverser ! Il est vrai, nous arriverons au seuil de la mort avec un cœur pitoyable. Nous connaissons les incohérences de nos vies. Nous connaissons les contradictions de nos attitudes. Nous connaissons les complexités de nos existences. Peut-être même des secrets trop lourds encombrent-ils notre conscience ? Comment pourrions-nous être jugés aptes à passer la porte ultime de nos vies ?

Et pourtant, il nous faut comme Jésus nous réjouir à l’idée de franchir cette porte ! Précisément parce que cette porte du dernier face-à-face, c’est la grande porte de la miséricorde. Saint Jean le dit : « Si votre cœur vous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur. »Le passage de la porte finale ne se mesurera pas sur des résultats satisfaisants. La question posée par Dieu ne sera pas : est-ce suffisant ? La question posée sera : acceptes-tu mon pardon ? Il suffira de répondre « oui » pour passer la porte et entrer au paradis.

C’est pour cela que nous passons des portes de la miséricorde dès ici-bas. Pour nous habituer à dire oui ! Pour apprendre à accueillir la miséricorde de Dieu ! Pour comprendre que Jésus est venu appeler non les justes mais les pécheurs ! Pour vivre déjà en ressuscités ! La sainteté ne se compte pas en bons points. Elle se forge à chaque fois que nous laissons Dieu nous relever.

Chers frères et sœurs, ce n’est pas le laxisme de Dieu que je vous prêche. C’est sa miséricorde. Notre vie ici-bas est une immense préparation au regard aimant que Jésus pose sur chacun de nous. Apprenons à être aimé jusqu’à notre dernier souffle. Alors, nous trouverons la paix, la paix de ceux qui se savent aimés dans la fragilité de leur être : « c’est la Paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

Références de chants :

Prédicateur :
Père Jean-Philippe Fabre
Références bibliques :
Ac 15, 1-2 ; 22-29 ; Ps. 66 ; Ap 21, 10-23 ; Jn 14, 23-29
Paroisse :
Basilique Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours
Ville :
Paris (11e arrondissement)

Prédicateur :


Père Jean-Philippe Fabre

P. Jean-Philippe Fabre, est prêtre du diocèse de Paris depuis 1998 ; il a une maîtrise en théologie biblique de l’Institut biblique de Rome. Vicaire en paroisse, il enseigne l’Écriture sainte à l’École cathédrale.



Ses homélies :
Nous avons besoin de vous !